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Communiqué

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Un incendie qui s’est produit en 2019 sur un vraquier à Windsor (Ontario) soulève des préoccupations concernant les capacités de lutte contre les incendies dans certains havres et ports canadiens

Québec (Québec), 15 novembre 2022 – Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié son rapport d’enquête (M19C0403) concernant l’incendie à bord du vraquier Tecumseh qui s’est produit près de Windsor (Ontario) en 2019. Le rapport soulève une préoccupation du Bureau liée à la sécurité, soit celle des ressources pour lutter contre les incendies dans certains havres et ports canadiens.

Le 15 décembre 2019, un incendie s’est déclaré dans la salle des machines du vraquier Tecumseh, alors qu’il naviguait sur la rivière Detroit près de Windsor (Ontario) avec 16 membres d’équipage à bord. L’équipage a tenté d’éteindre le feu avec le système fixe d’extinction d’incendie au dioxyde de carbone (CO2).

L’enquête a permis de révéler que l’incendie à bord a pris naissance après qu’un ensemble d’un tuyau souple de carburant alimentant le moteur principal bâbord (à gauche) s’est rompu. Environ trois heures après l’activation du système d’extinction d’incendie, deux membres d’équipage sont entrés dans la salle des machines afin de déterminer si le feu continuait de se propager. L’entrée dans la salle des machines a permis à de l’air frais de pénétrer dans le local, ce qui a très probablement rallumé le feu.

Aux premières heures du matin le 16 décembre, le navire a été remorqué jusqu’au port de Windsor afin que l’équipage obtienne de l’aide pour combattre l’incendie. Toutefois, les ressources à terre n’avaient pas suivi de formation sur la lutte contre les incendies à bord des navires et n’ont donc pas été en mesure de fournir de l’aide à bord. Par conséquent, ces intervenants sont demeurés à terre pour effectuer un refroidissement des cloisonnements à partir du quai en attendant la venue de pompiers formés sur la lutte contre les incendies à bord des navires, qui sont arrivés environ deux heures plus tard. L’incendie a été éteint plus tard le même jour.

En 1996, le Bureau avait émis une recommandation (M96-07) pour que Transports Canada, en collaboration avec les administrations locales des ports et havres, prenne des mesures afin de s’assurer que les services d’incendie externes qui peuvent être appelés à prêter assistance pour combattre un incendie à bord d’un navire reçoivent une formation appropriée. Compte tenu des changements ultérieurs dans la responsabilité de l’exploitation des ports au Canada, la recommandation a été close en 2016; l’évaluation par le Bureau de la réponse à la recommandation était « en partie satisfaisante ». Le Bureau indiquait que certains ports ont toujours des lacunes de sécurité.

La présente enquête a révélé des enjeux semblables à ceux soulignés dans la recommandation M96-07. Par conséquent, le Bureau s’inquiète du fait que certaines administrations de ports et de havres canadiens peuvent ne pas avoir l’équipement, la formation et les ressources nécessaires pour réagir efficacement à des incendies à bord de navires dans leur zone de compétence, ce qui pourrait se traduire par des incendies qui mettent en danger des équipages, le grand public, des biens et l’environnement.

De plus, l’enquête a permis de relever un certain nombre de lacunes dans le système de gestion de la sécurité (SGS) de l’exploitant en ce qui concerne l’intervention en cas d’incendie, dont celles-ci : le manuel de formation à la lutte contre les incendies à bord n’était pas propre au navire, de sorte qu’aucun renseignement spécifique au navire n’était disponible pour la formation sur l’équipement réellement présent à bord, comme le système d’extinction d’incendie au CO2; et il n’y avait pas de plan de préparation aux situations d’urgence à bord pour orienter l’équipage dans ses interventions en cas d’incendie, notamment pour déterminer quand fermer les volets et les registres de la ventilation.

L’enquête a également permis de déterminer que le SGS de l’exploitant n’offrait aucune ligne directrice concernant la documentation, la mise à l’essai ou les calendriers d’inspection et d’entretien en vue de garantir que les ensembles de tuyaux d’alimentation en carburant des moteurs principaux présentaient une intégrité adéquate et demeuraient en état de fonctionner. En outre, elle a permis d’établir que, même si une évaluation de classification du navire avait été réalisée 24 jours avant l’événement à l’étude, aucun problème touchant les ensembles de tuyaux d’alimentation en carburant n’avait été relevé, malgré une règle de classe exigeant que ces ensembles fassent l’objet d’essais sous forme de prototype. Puis, selon l’enquête, il y avait plusieurs cas de non-conformité réglementaire à bord du navire, y compris ceux liés à l’intégrité structurale.

La gestion de la sécurité et la surveillance réglementaire sont des enjeux qui figurent sur la Liste de surveillance 2022.

À la suite de cet événement, le propriétaire du navire, Lower Lakes Towing Ltd., a rappelé aux capitaines et aux officiers supérieurs qu’à moins de circonstances exceptionnelles, une fois le CO2 libéré, aucune tentative de rentrer dans la salle des machines ou autre action susceptible de compromettre l’herméticité de la salle des machines ne doit être faite avant que la température ne descende sous le point d’auto-inflammation. En ce qui concerne la maintenance, l’entreprise a aussi changé le logiciel utilisé pour assurer la planification et le suivi de la maintenance. De plus, elle a nommé pour chaque navire un vérificateur tiers chargé d’examiner le système, les politiques et les procédures de planification de la maintenance, les procédures réglementaires et environnementales et les exigences en matière de formation.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelinier. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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