Communiqué de presse

Un signal d’arrêt manqué a mené à la collision et au déraillement de deux trains du Canadien Pacifique, à Toronto (Ontario), en août 2016

Richmond Hill (Ontario), le 1er août 2017 — Dans son rapport d'enquête (R16T0162) publié aujourd'hui, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a conclu que la collision entre deux trains du Canadien Pacifique (CP), en août 2016, était survenue parce qu'un des trains n'avait pas observé le signal d'arrêt

Le 21 août 2016, tôt le matin, un train de marchandises du CP composé de deux locomotives et de 24 wagons chargés se dirigeait vers l'est, en passant de la voie nord à la voie sud, sur la subdivision de North Toronto à Toronto (Ontario). À peu près à la même heure, un train de deux locomotives qui se dirigeait vers l'ouest approchait du même endroit, sur la voie nord. Lorsqu'il a atteint la liaison, le train qui avançait vers l'ouest est entré en collision avec la queue du train qui circulait vers l'est, et les deux locomotives du train qui se dirigeait vers l'ouest ont déraillé, sans se renverser. Quatre des wagons intermodaux (10 plateformes) se trouvant à la queue du train qui avançait vers l'est ont été heurtés et endommagés. Quatre des plateformes ont déraillé sans se renverser. Le réservoir de carburant de la locomotive de tête du train circulant vers l'ouest a été perforé, ce qui a entraîné le déversement de quelque 2500 litres de carburant diesel. Un certain nombre de petits feux ont été éteints. Le chef de train du train circulant vers l'ouest a subi des blessures.

L'enquête a établi que l'équipe du train qui avançait vers l'ouest a franchi, sans ralentir ou se préparer à arrêter, un signal avancé qui lui demandait de se préparer à arrêter au prochain signal. À l'approche du lieu de l'accident, l'équipe de train n'avait que 42 secondes environ pour voir le signal d'arrêt avancé. Cependant, au cours de cette période, en plus d'assurer la conduite du train et de consulter l'indicateur, les membres de l'équipe étaient occupés à observer le train vers l'est et à rechercher un possible intrus qui avait été signalé. Son attention était donc détournée de la tâche hautement prioritaire de reconnaissance des indications des signaux. Par conséquent, le freinage n'a été déclenché qu'au moment où il était déjà trop tard pour arrêter le train en toute sécurité, ce qui a entraîné la collision et le déraillement.

Cette enquête fait ressortir la nécessité d'installer des enregistreurs audio-vidéo de bord. Cet enjeu fait partie de la Liste de surveillance du BST. Des enregistrements de bord auraient pu permettre aux enquêteurs de déterminer avec plus de précision la raison pour laquelle le train en direction de l'ouest n'a pas répondu adéquatement à l'indication du signal. Depuis 1998, le BST a enquêté sur 12 événements mettant en cause un train qui a dépassé sa zone de circulation autorisée, y compris le déraillement du train de VIA Rail Canada qui s'est produit à Burlington en 2012 (R12T0038) et qui a fait trois morts et 47 blessés. Le ministre des Transports a récemment présenté un règlement au Parlement afin de rendre obligatoire l'installation d'enregistreurs audio-vidéo dans la cabine de toutes les locomotives de tête.

Les risques systémiques liés au non-respect des indications des signaux ferroviaires constituent également un enjeu de la Liste de surveillance. Si les systèmes de contrôle des trains s'appuient seulement sur des moyens de défense administratifs plutôt que sur des moyens de défense physiques pour assurer la sécurité de l'exploitation des trains, il est possible que les risques liés aux erreurs dans l'interprétation des signaux ne soient pas atténués adéquatement, ce qui augmente le risque de collisions et de déraillements de trains. Le BST a enquêté sur 13 événements similaires et a publié deux recommandations (R13-01 et R00-04) qui demandent que le secteur mette en œuvre des moyens de défense physiques pour le contrôle des trains et des mesures de sécurité supplémentaires afin d'assurer que les membres des équipes détectent les signaux et s'y conforment de façon uniforme. Les réponses de Transports Canada à ces deux recommandations ont été évaluées comme étant en partie satisfaisantes.

À la suite de l'événement, le CP a publié des bulletins pour préciser les exigences sur la réduction de la vitesse lors du passage devant des signaux ferroviaires ainsi que sur l'obligation d'annoncer par radio les indications des signaux à certains endroits. Transports Canada a mené une enquête administrative sur l'infraction aux règles sur les signaux ferroviaires et a imposé des sanctions administratives pécuniaires au CP.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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