Communiqué de presse

Une défaillance de moteur à faible altitude a causé un accident d’hydravion mortel près du réservoir Manicouagan (Québec) en 2016

Dorval (Québec), le 15 novembre 2017 – Dans son rapport d'enquête (A16Q0119) sur une collision mortelle avec le relief survenue en septembre 2016 près du réservoir Manicouagan (Québec), le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a conclu qu'une défaillance de la pompe carburant a causé l'arrêt du moteur durant le décollage, de sorte que le pilote n'a pas eu le temps de prendre les mesures qui s'imposaient pour tenter de rétablir la puissance moteur. Le rapport fait également ressortir les risques d'un virage à 180° à basse altitude en cas d'urgence au décollage.

Dans l'après-midi du 25 septembre 2016, un hydravion Cessna U206F en exploitation privée a décollé du lac Kuashkuapishiu (Québec) à destination du lac Ra-Ma (Québec) près du réservoir Manicouagan, avec le pilote et 2 passagers à bord. Après le décollage, l'hydravion a amorcé un virage en montée vers la gauche une fois rendu à l'extrémité nord du lac. Quelques instants plus tard, l'aéronef s'est incliné rapidement vers la droite, a perdu de l'altitude, a percuté le sol, puis s'est immédiatement enflammé. L'incendie a consumé en presque totalité la cabine. Le pilote a subi des blessures graves et les 2 passagers ont subi des blessures mortelles. Aucun signal de radiobalise de repérage d'urgence (ELT) n'a été capté.

L'enquête a permis de déterminer que peu de temps après le décollage, l'arbre d'accouplement de la pompe carburant entraînée par moteur s'est rompu, causant l'interruption de l'alimentation en carburant au moteur et ainsi, l'arrêt soudain de ce dernier. Il a été impossible de déterminer la cause de cette rupture. La procédure recommandée en cas de panne moteur après le décollage consiste à abaisser le nez promptement afin d'établir l'aéronef en vol plané en vue d'un atterrissage droit devant. Confronté à un atterrissage forcé dans la forêt devant lui, le pilote a fait demi-tour pour revenir amerrir sur le lac Kuashkuapishiu. Au cours de ce demi-tour, un décrochage aérodynamique s'est produit et a provoqué un virage à droite avec une descente prononcée. L'altitude était insuffisante pour permettre une reprise de la maîtrise de l'aéronef avant l'impact avec le sol.

L'ELT de l'aéronef n'a pas été retrouvée dans les débris. Toutefois, l'enquête a établi que l'ELT contenait peut-être des pièces qui n'étaient plus conformes aux normes de conception approuvées selon l'Alerte à la sécurité de l'Aviation Civile no 2016‑05 de Transports Canada. Si les ELT contiennent des pièces non approuvées, il y a un risque accru qu'elles ne fonctionnent pas comme prévu en cas d'accident, ce qui pourrait retarder l'arrivée du personnel de recherche et sauvetage.

Des rapports d'enquête antérieurs du BST ont déjà documenté les risques que posent, pour la sécurité aérienne, les incendies après impact. En 2006, le BST a émis la recommandation A06-10 visant à réduire le nombre d'incendies après impact dans le cas d'accidents offrant des chances de survie. L'aéronef en cause dans l'événement à l'étude n'était équipé d'aucun des matériaux, technologies ou composants indiqués dans la recommandation A06-10, et il n'était pas tenu de l'être. Aucune mesure directe n'a été prise ou proposée par Transport Canada en réponse à la recommandation A06-10 et le Bureau estime que les risques demeurent importants. Par conséquent, la réponse dénote une « attention non satisfaisante ».

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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